dimanche 17 février 2019

Être de ceux qui ne trouvent par leur voie professionnelle


« Qu’est-ce que tu veux faire comme métier plus tard ? »

Cette question a toujours été ma hantise.

Famille, école, société, ils ont tous cette question à la bouche dès que les premiers mots d’un enfant sont prononcés.

Tu fais peut-être partie de ceux qui ont une réponse automatique sans aucun doute ou hésitation. Ceux qui savent depuis enfant qu’ils veulent faire médecin, avocat ou maraîcher. Qui n’ont jamais eu l’ombre d’une hésitation.

Ou alors tu fais peut-être parti de la même catégorie que moi. Ceux qui répondent avec un vulgaire « Je ne sais pas trop, on verra ce que l’avenir nous réserve… ».

Si tu lis ces mots, tu fais peut-être parti de la deuxième catégorie. De ceux qui cherchent leur avenir sur Google, qui se demandent s’ils sont les seuls à galérer avec leur propre avenir.

Bonne nouvelle : tu n’es pas seul. Je ne sais pas combien on est, mais on est au moins 2 et c’est déjà pas mal.

Cet article n'est pas de ceux qui ont pour but de te donner cette fameuse réponse, cette fameuse idée qui te fait dire « Oh putain, mais c’est ça que je veux faire, j’ai enfin trouvé LA réponse, LE métier ».

Mauvaise nouvelle : je n’ai toujours pas résolu l’énigme de l’orientation. En fait, je suis clairement un mauvais exemple. 

J’ai 20 ans, j’ai fait 3 formations différentes depuis le bac et je n’ai jamais été aussi paumée. Désolé.

J’aimerais avoir la recette miracle.

J’aimerais pouvoir me dire qu’un beau jour ça finira par me tomber dessus. Qu’un matin je me réveillerais en étant persuadée du chemin à suivre.
 
J’aimerais pouvoir ne pas m’inquiéter du temps qui passe. Pouvoir me lever le matin sans me demander de quoi est fait mon avenir.

Mais que répondre à sa famille qui s’inquiète de te voir divaguer à droite, à gauche.
Je n’ai pas toujours trouvé les bons termes, les bonnes tournures de phrases pour rassurer ceux qui s’inquiètent.

Parfois, je ressens même de la culpabilité. Je vois ceux qui avancent autour de moi, qui suivent le chemin sans jamais divaguer. Au fond, j’aurais peut-être aimé être comme ça. Avancer sans jamais me poser de question.

Mais je ne suis pas comme ça et tu ne l’es peut-être pas non plus. Et c’est pas grave en fait. 

Je crois qu’on n’a pas à ressentir de la culpabilité. Aucunement.

Parce que la vie est courte et que personne ne doit suivre un chemin qui ne lui plaît pas.

On a tous le droit de faire marche arrière, de prendre le temps qu’on a besoin pour savoir où on va.

J’ai fait nombre de fois demi-tour. J’ai recommencé, encore et encore.

On est sur cette Terre pour expérimenter. La vie est courte mais elle est assez longue pour faire toutes les choses qui font vibrer ton âme.

Ta vie n’a pas à être toute tracée. La société te dit qu’à 30 ans, tu dois avoir un travail stable, une propriété, des enfants, un chien. Mais on lui dit merde à la société, non ?

Parce que si à 30 ans, t’as tout ça mais que tu sens au fond de toi que t’es pas heureux, que tu n’es pas sur le bon chemin, à quoi ça sert ?

C’est ta vie. C’est ton bonheur. Ce sont tes choix.

Je sais à quel point ça peut être culpabilisant de voir ceux qui avancent alors que toi tu reste en place. Tu te demande ce qui ne va pas chez toi. Pourquoi tu n’arrives pas à avancer. Pourquoi tu n’es pas de ceux qui connaissent leur chemin.

J’ai retourné des milliers de fois la carte pendant de si nombreuses heures.

J’ai fait des tests d’orientations, j’ai passé des jours entiers sur l’Onisep en tort et en travers.

Mais je n’ai jamais trouvé de réponses parmi les chemins prédéfinis. Malheureusement.

Un jour, j'ai été à un salon d'orientation et l'Onisep proposait un test en ligne. Le résultat a été quelque peu surprenant : "Nous sommes désolés mais nous n'avons pas réussi à établir un profil." Bon d'accord, merci quand même. 

Alors, voilà. Je ne sais pas si un jour j'aurais la réponse. 

Tout ce que j'espère, c'est pouvoir un jour me réveiller et aller faire un travail que j'aime. 

Aller au travail le lundi sans penser au week-end ou aux prochains congés payés. 

Aller au travail en étant heureuse et passionnée. 

Je suis peut-être un peu trop rêveuse sur les bords mais je crois que la vie est trop courte pour faire un métier qui ne nous plaît pas. Trop courte pour continuer dans des chemins qui nous angoissent. 

Peut-être que l'on cherche les réponses au mauvais endroit. Qu'on s'entête à vouloir faire des diplômes pour faire plaisir à ceux qui nous aiment et par sécurité. Mais au fond qu'est-ce que la sécurité si elle ne te rend pas heureux ? 

Alors, il n'y a pas de solution miracle pour les gens comme nous. 

Je te dirais d'expérimenter, d'essayer et de faire les choses qui te font envie. Je te dirais de faire tout ce qui te donne envie pour pouvoir mourir un jour sans regret. 

Chacun a son chemin, chacun a besoin d'un temps qui lui est propre. 

Ne te compare pas aux autres et avance à ton rythme. 

Laisse pétiller ton cœur, laisse briller ton âme et donne toi la chance d'être heureux. 

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